Par une belle matinée de mai, nous sommes donc partis vers le Pays Basque et
ses gens bons
, le but avoué number one étant de revoir, après une diète de 11 mois, notre mammouth.
Ah, le Pays Basque…. Pays des piments, des chipirons, de l’axoa, du fromage de brebis et de la confiture de
cerises noires, du gâteau et du cidre, du miel et du vin d’irouleguy, …. Région de la force basque, de la pelote, du surf et du rugby…. Capitale des ttuns ttuns (hein, mais nan y’a là aucune
allusion
)… Sans oublier l’homme à
la voix d’or, l’enfant de la Belle de Cadix et de Mexico, le grand et unique Luis Mariano.
Mais revenons à nos moutons ! Le Sergio vire costume et cravate et en-avant Simone, c’est lui qui pilote sur la route de Bordeaux, puis Dax, enfin Bayonne pour faire la fête avec les Bandas et rejoindre nos amis de Montpellier.
« Dites un mot basque à un montagnard dans la
montagne ; avant ce mot, vous étiez à peine un homme pour lui ; vous voilà son frère ! » Cette phrase-là, Victor Hugo a dû l’écrire alors que n’existait pas encore le bar du Palais, au pied
de la cathédrale Sainte Marie (ça se dit comment « accueil », en basque, déjà ?) ni le stade Jean Dauger. Je ne sais sur quels critères les aficionados de la Pena baïona ont été
élus la saison dernière meilleur public de France, mais mis-à-part l’engouement pour supporter leur équipe fétiche…. Vois pas ! A chaque tentative de McHugh ponctuée par des « il va la
rater, il va la rater », j’aurais bien tordu lepoa à certains. Ce mauvais esprit m’est resté sur l’ Urdaila.
Allez… on passera sur la belle résistance de Montpellier, point de bonus défensif à la clé quand même, mais une indiscipline coupable et récurrente… Rrrhhhaaaa !
Et pourtant, tout était réuni pour nous faire passer une
superbe journée. Les amis présents, l’eau fraîche coulant à flots
(ah ! mais si, j’le jure !), un soleil se fichant de la couche d’ozone comme de l’interféromètre optique de Charles Fabry, des chants traditionnels et populaires
déversés avec talent de la tribune « ciel et blanc »…..
Puis, un grésillement dans les haut-parleurs. Je pressens tout-à-coup,
angoissée, qu’une catastrophe va m’être annoncée : mammouth sur le banc, mammouth légèrement blessé lors de l’échauffement, mammouth victime d'une insolation, que sais-je... Je me raidis,
inspire à fond, tente d’avaler une gorgée d’eau alors que ma salive me reste coincée au fond de la gorge nouée et……. je reçois subitement le message
de la voix comme un uppercut à la pointe du menton : ……. Numéro 14, Olivier Sarraméa ! ……. Ooouuufff….. La voix continue à donner des noms, qu’importe, je n’entends plus rien. Les 2 équipes rentrent enfin sur la pelouse, un ange passe, si
le temps veut bien se donner la peine de suspendre son vol…
.
Fin du match, sprint vers les vestiaires afin d’apercevoir les héros, notre héros. Une voix amie me crie « mammouth, il est là, il est là ». Mézalors !!!! J’avais été amicalement prévenue que mammouth était exxxtrêmement sollicité sur tous les terrains de France et de Navarre, désormais du Labourd aussi, j’en suis témoin ! Je me demande si j’arriverai à approcher un tant soit peu le petit Génie, une seconde durant prête à renoncer. Ah mais NON ! La course-poursuite entre les sympathiques supporters est déjà lancée. Impossible de revenir en arrière… et difficile d’aller de l’avant : il n’y a plus aucune loi qui tient, plus de respect, plus de priorité à droite, plus d’immunité pour les personnes historiques de TMF et pour les femmes imprudemment munies d’une carte vermeil…. enfin presque…. L’heure est à la lutte sans pitié.
Si l’orgueil précède la chute, il ne sera pas dit alors
qu’une Picarde ne tombera pas l’appareil photo à la main sur la terre basque. Je mitraille donc à tout va, en voici le modeste résultat. ![]()



). C'était sans compter sur la
cataracte bilatérale de l'arbitre de touche !


